CONFERENCE & CONCERTS

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Blog de totalrtt :Total RTT, conférence
   PRESENTATION ET CHRONOLOGIE GENERALE
     DE LA CONFERENCE :



Présentation de notre duo.

Présentation du déroulement de la conférence.

Nous souhaitons aborder et développer cette conférence dans un mouvement d’aller et retour historique, dans le présent et le passé des principaux artistes électroniques cités.
Dans chacun des pôles, l’idée est de remonter et de descendre dans les généalogies des pays, des DJ, des producteurs, des styles, des labels, etdes époques.
L’image la plus organique de notre re-présentation se rapproche du geste d’avant en arrière du scratching d’un DJ sur une platine vinyle.

Diffusion de deux vidéos du groupe KRAFTWERK, Autobahn.

INTRODUCTION, LES PRECURSEURS :

Les premières musiques répétitives, influences des sons et des bruits de la vie courante sur les compositions.

Erik Satie, argumentation et écoutes d’extraits des musiques d’ameublement, avec carrelage phonique, et des vexations.

Luigi Russollo, description de l’art du bruit.

John Cage, argumentation et écoute de Credo in us.

Pierre Henry, écoute de Psyché Rock.


1ER POLE, LES ETATS-UNIS, DETROIT, LA MUSIQUE ELECTRONIQUE NOIRE :


Historique, jazz, soul, funk, disco, house, électro.

Détroit :

Des années 1950 à 1960 : Le label Motown, Les suprêmes, Stevie Wonder, écoute de Atomic Dog de Georges Clinton, les Stooges, MC 5.

La trinité des DJ des années 80, avec Juan Atkins, écoute d’extraits de Cybotron avec R 9, Derrick May, écoute d’extraits de String of Life, et Kevin Saunderson, écoute d’extraits de Big Fun.

Détroit et la 2ème génération de DJ’s : Underground Resistance, écoute des UR 1 2 et 3, et de Journey of the dragon, Jeff Mills, écoute de The bells, et Carl Craig.

Chicago, New York, le jazz électrique de Miles Davis de 1969 à 1974, la musique house, Marshall Jefferson,écoute de Move your Body et Donna Summer, écoute de I Feel Love.

New York : Musique industrielle et musique classique et jazz, Suicide et Alan Vega, écoute de Juke Box Baby, Steve Reich et Piano phase, John Cage. L’influence du Gospel et de la musique noire.

Diffusion d’une vidéo interview de Mad Mike et de Derrick May dans Global Tekno.

Démonstration de la Roland TB 303,par DJ Yzwalito, enchainée sur un mix de notre duo, reprenant différends disques de Détroit cités.


2EME POLE, L’EUROPE : KRAFTWERK et l’Allemagne, WARP et L’Angleterre, LAURENT Garnier et La France.

A : DEVELOPPEMENT : KRAFTWERK ET L’ALLEMAGNE.


Kraftwerk : Présentation et style, le groupe phare de la musique électronique, culture et modernité, musique funk et répétitive,images et affinités électives, avec Computer world et Trans Europe Express, discographie jusqu’à Minimum Maximum.

Diffusion de vidéos de Kraftwerk, Music Non Stop et Pocket Calculator.

La nouvelle filiation : La musique minimale, le label Bunker, M5 et Basic Channel, Legowelt, Orgue électrique.

Vidéo interview du manager du label Trésor.

Mix de notre duo, avec de la musique minimale allemande reprenant différends disques cités (dont Numbers de Kraftwerk et M5).


B : DEVELOPPEMENT : WARP, L’ANGLETERRE, LA MUSIQUE INDUSTRIELLE, LA FRANCE.


Popularisation, intellectualisation et commercialisation de la musique électronique, radicalisation et musique industrielle.

Les précurseurs : Throbing Gristtle et Genesis P. Oridge écoute d’extraits de Hamburger Lady.

L’hacienda, Ibiza, une culture plus commerciale du package, le Summer of love.

Diffusion d’un clip d’Autechre.

Aphex Twin et l’importance et la radicalisé du label Warp, écoute d’extraits de Bucephalus Bouncing Ball, LFO, écoute d’extraits de Psychodelic, la Drum’n Bass, écoute d’extraits de Ed Rush and Optical.
Diffusions de vidéo d’Aphex Twin WindowLicker, interview de Mark Bell.

Laurent Garnier, grand découvreur de DJ, écoute d’extraits de Moonbeam, la French Touch, extraits de Ferrari de Alex Gopher.


3ème POLE, EMERGENCES DES STYLES ET CONTEXTE SOCIAL, INTERNET.

« Les problèmes artistiques de la musique ne sont pas, ne sont plus d’ordre exclusivement musical, mais avant tout d’ordre social ».

John CAGE


Reprise géographique des musiques électroniques

La fin des usines Général Motors et la paupérisation à Détroit.
Diffusion d’une vidéo de Derrick May.

Les raves party, Ibiza, La route du Bacalào.

Free parties, mouvement ouvrier, la crise industrielle et post Tatchèrisme.

House : Black et gay.

L’Allemagne et la chute du mur, la réunification dans les clubs.,

Alvin Toffler, Future Shock. Hakim Bey et les taz.

Free parties, clubbing et festivals.

Internet, le copyright et le copyleft, le dadvsi.

Les Net Labels.

Diffusion d’une interview de Mad Mike.


Nous proposons de mettre à la disposition des personnes intéressées, une bibliographie et une discographie sélective des artistes électroniques cités.

A la fin de chaque pôle, prévoir si possible et selon l’importance du lieu de la conférence, un micro pour les questions, les réactions et les interrogations du public.


Dossier présenté et préparé par Daniel Brothier et Frédéric Leyreloup.

mardi 03 octobre 2006 13:02 , dans CONFERENCE & CONCERTS


TEXTE ORIGINAL PARTIE 1

Blog de totalrtt :Total RTT, TEXTE ORIGINAL PARTIE 1
UNE HISTOIRE DES MUSIQUES ELECTRONIQUES

Daniel BROTHIER

Lecteur insatiable, musicien et compositeur,
passionné de musiques, il joue fréquemment
dans les Festivals Internationaux de Jazz,
de Musiques Nouvelles, et de Musiques Electroniques.

DJ IZWALITO

Dénicheur de Disques Vinyles,
Lecteur de Guy Debord,
Il a joué avec Louis Sclavis, et il mixe
régulièrement à Saint Etienne.
Texte original présenté en vue d’animer un atelier rencontre de type « Cultures et Musiques Electroniques », dans le cadre d’une Médiathèque, d’une Salle de Musiques Actuelles, d’une Ecole d’Arts, de Design, et d’une MJC.


« Les problèmes artistiques de la musique ne sont pas, ne sont plus d’ordre exclusivement musical, mais avant d’ordre social ».
John CAGE


« Les DJ, ne sont-ils pas tout simplement des auditeurs se produisant en concert ».
Peter SZENDY



Dossier préparé à l’aide de trois ouvrages incontournables pour les musiques électroniques, DJ CULTURE de Ulf Poschardt, Kargo L’éclat, et TECHNO REBELLE de Aryel Kyrou, Ed du Camion Blanc, LOOPS, collectif Espagnol, avec le texte de Tony Mathieu, Génèse des Musiques Electroniques, et par Daniel Brothier et DJ Izwalito, pour le duo de musiques électroniques TOTAL RTT.


Les DJ ont transformé et marqué le visage de la culture savante tout comme celui de la culture pop. La culture DJ a montré dans le cadre de la culture pop que les possibilités de la modernité ne sont pas épuisées, qu’il y a des méthodes, des moyens et des chemins neufs, des stratégies et des objectifs nouveaux pour lesquels il vaut la peine de se battre et de travailler, et qui peuvent, sans subir de trop grandes transformations, s’intégrer au cours progressif du développement historique des musiques électroniques. Aux commandes de ce déploiement, le DJ s’est taillé, à coup de platines tournoyantes, de scratches et de mixes, une place aux avants postes d’une culture de la jeunesse qui s’est révélée avec une grande richesse.

À travers les influences de DJ, producteurs, et musiciens d’EUROPE et des ETATS-UNIS, nous vous proposons d’écouter et de découvrir les principaux courants et DJ’s qui jalonnent « UNE HISTOIRES DES MUSIQUES ELECTRONIQUES ».

On ne peut découvrir la réalité de l’activité du DJ que par une expérience directe, en étant spectateur et auditeur de son travail ou en dansant sur sa musique.
La première forme et la plus fondamentale que revêt l’art du DJ c’est de mixer ensemble deux disques avec une ou deux œuvres originales, pour créer un troisième élément, une nouvelle unité. Le DJ est à la fois auditeur et compositeur.
La deuxième fondamentale est le remix. Dérivée du principe de la synthèse de deux platines, l’idée du remix apparut au milieu des années 70 : elle consiste à donner une nouvelle interprétation à une chanson antérieure par un processus de reproduction créative.

La troisième évolution du Dee-Jaying passe par le sampleur et les générateurs d’effets. Pour construire un morceau, le DJ et le musicien créent des loops, boucles sonores qui constituent l’unité rythmique de base d’un morceau, les grooves.
Le travail d’un DJ consiste aujourd’hui à exprimer sa personnalité avec les disques. Il peut mettre en rapport, juxtaposer ou mélanger des sons, des rythmes et des mélodies provenant de morceaux, de compositeurs différents, voire d’époques distinctes, un air ancien se trouvant inséré dans un nouvel environnement.

Le chroniqueur Tim Page écrit en 1981 : La musique ne répond plus à aucune loi prédéterminée, elle n’a même plus à se positionner par rapport à la tradition. Tout est permis : un compositeur peut débuter un travail en utilisant le langage harmonique de Palestrina, et finir par travailler avec des boucles de bandes. Un concert de musique nouvelle peut inclure des éléments de musique électronique, acoustique, tonale, atonale, microtonale, pointilliste, répétitive, le tout dans le même mouvement. Une nouvelle composition peut être pensée à la fois pour un orchestre ou un groupe de rock, un chœur ou un magnétophone à bandes, des instruments de musique de chambre ou des claquements de main.
Aujourd’hui, un compositeur ne se contente pas de composer, il doit inventer son langage musical, son travail lui appartient en totalité. Quel que soit son territoire, l’enjeu est pour l’artiste de créer son propre alphabet.

Dans le monde occidental, le mouvement Dancefloor étend sa sphère d’influence à tous les domaines du design : les magazines, la mode, le mobilier, etc.…
C’est vers 1987 que commence la domination mondiale des DJ dans l’univers de la pop et des médias culturels, leur conscience s’accroît avec la responsabilité d’avoir en main une part de l’histoire de la pop.

« La techno, c’est la rencontre dans un ascenseur de KRAFTWERK et de FUNKADELIC ». Derrick May

« Le synthétiseur est in instrument psycho-analytique, c’est un instrument Freudien ». Ralf Hûtter


Notre but consiste à faire découvrir pendant deux heure trente, UNE HISTOIRE DES MUSIQUES ELECTRONIQUES, en montrant en situation de concert, et de mixage, le travail de deux musiciens, DJ Izwalito aux platines et aux boucles, loops et effets, et d’un saxophoniste, Daniel Brothier aux sampleur, effets, et synthétiseur analogique pilotés. Nous voulons montrer que les DJ ont exercés et exercent toujours une grande influence sur l’évolution de la musique.


EN FRANCE, GENESE ET PREHISTOIRE DE LA MUSIQUE ELECTRONIQUE :

L’électricité apparaît en 1854 avec Bourseult, ingénieur Français, qui travaille aussi sur le microphone. Charles Cros est l’un des inventeurs du phonographe. Au début du siècle, Erik Satie invente l’ambient avec ses Musiques d’ameublement, la musique répétitive avec les boucles de Parade, et les deux parties de ses Vexations que les pianistes doivent jouer 840 fois de suite (écoute d’extraits de Carrelage phonique et des Vexations). Igor Stravinsky ajoute au chaos et au bruit le scandale, avec Le Sacre du printemps.
Les deux premiers synthétiseurs sont Le Theremin et les Ondes Martenot, en 1937, Olivier Messian crée l’œuvre Oraison pour ce dernier instrument, pièce stratosphérique comme suspendue dans le temps et l’espace.

Luigi Russolo impose et déclame son manifeste, l’Art des bruits, petit catalogue de son et de bruits du début et du milieu du XXe siècle, qui devient plus tard emblématique pour bon nombres d’artistes futuristes et de musiciens.

Edgar Varèse est un explorateur de la création, il fait sonner des sirènes dans Amériques et Ionisation. Il refuse toute théorie, met en avant le timbre et l’intensité des sons, et provoque la colère avec Désert pour percussions et bande magnétique. En 1958, la mise en son du Poème Electronique lors de l’exposition universelle de Bruxelles apparaît comme l’ancêtre des free parties.
Pour Varèse, et Olivier Messian, le son est un instrument, un outil de composition, et une métaphore, électrique ou électronique de notre univers urbain.
Au début des années 60, « les enfants de Marx et Coca-Cola » (J L Godard) essayent de changer le monde. Cependant ce projet échoue politiquement, les valeurs de l’après-guerre sont rénovées de fond en comble, et l’establishment reçoit une couche du vernis de la modernité.

John Cage et Pierre Schaeffer font de la musique avec du bruit et ouvrent la voie aux musiques électroacoustiques. Pierre Henry, Luc Ferrari, et François Bernard Mâche les suivent dans cette voie au sein du Groupe de Musique Concrète. Après les essais de polytonalité de Milhaud et le dodécaphonisme de Berg, ces musiciens défendent une approche concrète et empirique du son, par opposition à l’abstraction de la musique sérielle.

En 1967, Pierre Henry avec son Psyché Rock(écoute), en forme de blague, compose le premier tube de musique électronique. Le compositeur français Luc Ferrari, qui collabore avec DJ olive, influence durablement un courant de nouvelles musiques qui prend son essor dans les années 80.

« Un compositeur avec du talent copie, un compositeur génial vole ». Igor Stravinsky


EN ALLEMAGNE : GENESE ET PREHISTOIRE DE LA MUSIQUE ELECTRONIQUE

En 1966, dans Hymnen, Stockhausen reprend plusieurs hymnes, les redécoupe, les accélère, les recolle, les sature, et manipule la réalité.
Un des plus grands expérimentateurs de la pop et du rock est Holger Czukay, élève de Stockhausen, leader émérite et principal compositeur du groupe de rock expérimental CAN.

Dans le bouillonnement des années 70, les groupes Allemands Kraftwerk, Can, Neu! et Tangerine Dream n’ont pas de culture rock à porter, leur identité doit autant à Stockhausen, Grateful Dead et au Velvet Underground avec son amateurisme savant. Can cultive l’improvisation et les influences ethniques en pratiquant également un art répétitif et minimaliste pour la composition. A lui seul le groupe Kraftwerk constitue jusqu’à nos jours un vrai pôle de modernité.

« Le rythme créé par Neu! est l’un des trois rythmes les plus inventifs des années 70, avec l’Afro Beat de Féla Kuti, et le Funky Drumming de James Brown ». Brian Eno

Cassiber, est un des groupe les plus importants de Musiques Nouvelles, qui construisent dans les années 80, un répertoire constitué de ponts entre la musique classique, le jazz et les musiques électroniques.


AUX ETATS UNIS : GENESE ET PREHISTOIRE DE LA MUSIQUE ELECTRONIQUE

Le premier microsillon (disque) est inventé en juillet 1887 par Thomas Edison. Elisha Grey contrôle le son d’un circuit électromagnétique, invente l’oscillateur électrique, et le téléphone en même temps que Graham Bell. L’histoire de la musique DJ commence avec la radio et est immédiatement liée à l’histoire de la technique. En 1958 arrive le disque stéréo, qui transforme considérablement l’apparence de la pop.

John Cage explore les dimensions du rythme et du timbre, se réfère à la musique de l’Inde, procède à de nombreuses répétitions déterminées par le hasard, il travaille sur la durée et sur le recours fréquent au silence. À la recherche d’accidents, de sons, et de bruits étranges, des postes de radio sont allumés brusquement et produisent des éléments aléatoires qu’il confond avec des percussions. Ses partitions ressemblent à des dessins d’artistes, elles laissent des libertés et des propositions de jeu à l’interprète (écoute d’extraits de Credo in us).

L’année 1955 marque les débuts du Pop Art, une iconographie du banal est née. La culture pop est un produit bâtard, qui n’arrive pas à décider si elle est une contre-culture ou une culture dominante, ou les deux à la fois.
En 1969 John Cage conçoit une installation dans laquelle les visiteurs peuvent prendre des disques et les poser sur plusieurs platines. Une des formes les plus importantes de la modernité artistique, le collage fait son entrée dans la musique pop.

A la fin des années 60 les DJ et les musiciens comptent parmi les plus grands créateurs de l’underground. Ils ne se contentent pas de passer la nouvelle musique, c’est eux qui tracent la frontière entre underground et mainstream.

Le compositeur La Monte Young, ancien saxophoniste de jazz, reprend la philosophie dada et l’esthétique zen que John Cage développe. Il s’engage dans l’aventure du son continu. Terry Riley est dans la même filiation, il crée des boucles répétitives avec des bruits créés au hasard, pratique de très longues improvisations à l’orgue et se sert toujours d’un magnétophone à bandes pour créer des effets.

Les débuts de la culture pop remontent aux années 50, quand le monde occidental civilisé commence à s’abandonner aux délices de la paix et de l’abondance. Dés ses origines, cette culture pop fut un produit de l’idéologie dominante en même temps que l’expression d’une rébellion radicale.
La musique pop plonge ses racines dans le rythm and blues, le jazz et le gospel des Noirs opprimés, et dans la chanson de charme.

Dans les années 50, les plus importantes maisons de disques sont Motown (noire) à Detroit, et Stax (blanche). Le plus grand musicien noir : James Brown, Soul Brother Number One, Godfather of Soul.
Les préjugés racistes contre toute forme de culture noire font encore partie intégrante du bagage intellectuel standard de l’Américain moyen. L’église voit dans le Rock’n roll une musique du Diable, et redoute que l’innocence de la jeunesse ne soit mise en péril par une musique et des textes en partie ouvertement sexualisés. En 1948, à Memphis, fut créé WDIA, la première station de radio 100 % noire. Les DJ noirs deviennent des héros, pour ce qu’ils disent et accomplissent. Ils ont exercé par des voies multiples une influence directe sur le développement de la musique noire.
Le mot funky est employé pour tout ce qui, dans la musique, la mode et les idées à un contexte noir et pour désigner toute pratique culturelle inspirée par James Brown, et par le P.Funk de Georges Clinton et Funkadédic
(écoute d’extraits d’Atomic Dog).

Steve Reich se démarque des musiciens classiques, et ne se reconnaît pas dans la sécheresse de la musique électronique de Bério et de Stockhausen. Après l’étude des gamelans Balinais, il compose en utilisant la répétition de boucles et l’évolution de figures répétitives, ce que font la plupart des musiciens électroniques d’aujourd’hui.

Les plus grands traîtres et infidèles à la musique contemporaine, expérimentateurs de la pop et du rock sont Franck Zappa, John Cale, et Brian Eno. Avec l’album Freak Out, et sous l’influence de Varèse, Zappa repousse les limites de la musique psychédélique, en combinant des instruments électriques, des cris de monstres, et des sirènes d’oscillateurs.

Dés les années 70, le Philly Sound trace une influence noire sur la musique de danse, c’est un bain d’extase vocale nourrit de l’essence du chant gospel, lié à un romantisme black qui plaît à tout le monde des dance-floor. Bien des voix de la dance music d’aujourd’hui, du disco à la house viennent de cette tendance soul.

Toujours dans les années 70, Miles Davis redessine le jazz et influence considérablement le devenir de la musique. Il demande à Herbie Hancock et Chick Coréa de jouer les pianos électriques au sein de son groupe, il cherche ainsi à construire des faisceaux sonores, des cut-up et des textures nouvelles qui anticipent les climats de l’Ambient et de la Jungle des années 90.

Brian Eno et Robert Fripp, par d’habiles manipulations de magnétophones à bandes, de reverb et de boucles de guitares, créent l’ambient. My Life In The Bush Of Ghosts est un disque référent de Brian Eno et David Byrne, pour ses judicieux collages.
Autre projet novateur, The Residents, leur musique est formée de ritournelles répétitives de citations de mélodies connues, d’univers psychédéliques et de triturations de morceaux pop. Les musiciens ont anticipé la philosophie des puristes de l’univers techno
Fred Frith, John Zorn, Jim O’Rourke, Christian Marclay, sont des musiciens et des artistes qui directement influencés par Franck Zappa et appartiennent à un courant de Musiques Nouvelles très marqués par l’électricité.


EN ANGLETERRE : GENESE ET PREHISTOIRE DE LA MUSIQUE ELECTRONIQUE

Avec les Beatles, pendant l’année 1966, sur l’album Revolver et sur le titre Tomorrow Never Knows, John Lennon monte des bandes à l’envers, le rock devient expérimental, cette tendance à la modernité, au montage, et à la production se confirme avec l’album blanc Révolution 9, qui est la première galette enregistrée avec un magnétophone 8 pistes.

Un courant d’artistes provocateurs émerge avec l’expérimentateur et « performer » Genésis P.Oridge, Throbbing Gristlle (écoute d’extraits de Hamburger Lady), et avec le groupe Coil.
Un des groupes et projets Anglais dérangeants des années 60 est Cabaret Voltaire, et avec ces différentes formations naît la musique industrielle. Les musiciens tripatouillent les sons et les bruits, destructurent les morceaux, et manipulent les bandes magnétiques qui sont coupées, taillées et recollées.

En 1980, les Clash, le Pop Group, Pip Bag, et Rip, Rig and Panic entretiennent une association des musiques de danse noires et du punk, avec de fortes préoccupations politiques et sociales.


LES MUSIQUES ÉLECTRONIQUES

Entre 1975 et 1985, le disco et le hip-hop ont créé le berceau des sœurs techno et house. Techno est l’abréviation de technologie. La techno est une musique faite par des humains, mais dans sa forme la plus définitive, elle sonne comme si elle était le produit de machines. Les moyens de production sont plus importants que dans toutes les musiques déjà existantes, ce sont les véritables racines de la musique électronique.

Pour la première fois peut-être dans l’histoire de l’art et de la musique, la technique dépasse l’humain dans l’élaboration de cette musique. Les outils de production de la musique électronique sont tels qu’ils sont plus prégnants que dans n’importe autre discipline.

Le cinéma, la vidéo, la photo et le multimédia, impliquent avec autant de force les ressources de la technique. Cependant en s’effaçant le plus souvent derrière ses platines et en se positionnant au-delà du dancefloor, le DJ renforce l’image de toute la technicité de la musique électronique.

La spatialisation de la musique, et le volume sonore monstrueux, cachent souvent le DJ. Son rôle, qui consiste à mixer, équaliser, et faire sonner les disques, le situe dans une situation d’effacement physique, derrière les machines.
L’absence notable de textes, de chants, et de mélodies, ou le traitement des voix par les vocodeurs, et autres logiciels de traitements du son, renforce ce caractère effacé du DJ.

La firme japonaise Roland construit avec succès trois petites machines musicales, les boîtes à rythmes TR 808, TR 909, et le générateur de lignes de basses et de sons TB 303 (démonstration par DJ Izwalito de La TB 303). A force d’essais et de détournements de la part des DJ’s, producteurs et rappeurs, ces instruments deviennent la trinité des musiciens électroniques.

Tandis que le disco et la house essaient de fabriquer du son, de la musique et de l’immédiateté par la séduction, le glamour, le charme, l’érotisme et l’élégance, la techno atteint directement le centre nerveux avec violence par son volume sonore et envoie depuis ce point des signaux dans tout le corps. Les lignes de basse subsoniques et les bruits stridents qui sont restés jusque-là au-delà du seuil de la douleur atterrissent sur le dancefloor.

L’idée d’une dissolution des structures fixes et l’expérimentation sur la musique comme matériau sonore est au premier plan dans la techno, qui déplace la frontière entre le bruit et la musique. La création peut alors devenir un processus ininterrompu d’expérimentation. Aucun crissement, grincement, bip, ou gémissement, n’est assez insupportable pour ne pouvoir être sauvé par la techno et intégré comme échantillon dans l’ordre minimaliste d’un tempo à 4/4 et à 140 bpm.

Les labels de musique électronique ont une part importante dans une classification possible et un paysage global du monde des musiques électroniques. Néanmoins, l’ambient, la jungle et la drum’n bass, la trance, le hardcore, la house/hard house, la tekno/hardtek, l’électronica, le breackbeat, sont autant de dénominateurs parfois un peu réducteurs des tendances actuelles de la musique électronique.

La techno demande une nouvelle forme d’écoute, une façon de s’enfoncer par l’ouïe dans la profondeur des morceaux, pour distinguer les différentes voix dans leur son, pour reconnaître les rythmes, et pour sentir la portée de mélodies toutes simples dans le mécanisme de l’activité motrice d’un morceau.

Un de moteurs les plus puissants au sein de toutes les subcultures était et reste le DJ. La culture DJ, en tant que culture pop cohabitant avec la culture des machines, propose de nouvelles perspectives à la pratique esthétique.
Le DJ fait bien plus que tout simplement poser des disques sur une platine, c’est l’un des nouveaux créateurs de culture (Wolfe) en même temps qu’un personnage culte.

La recherche incessante de nouvelles citations musicales et de morceaux jamais encore découverts ou utilisés de l’histoire de la musique a provoqué une vaste reconquête de la musique du XXe siècle par les DJ. Depuis un siècle, la musique électronique n’est faite que de collages, d’erreurs et de détournements.

La puissance et la force de séduction de la musique DJ, réside dans la multiplicité des strates et des significations qui le constituent. Leurs dénominateurs communs, qui sont encore les platines-disques, les disques et la table de mixage sont le centre esthétique de cette musique.

Le Disco composé en mode majeur offre un son gai, et fonctionne de manière réjouissante. Le tube de Gloria Gaynor, Never can say GoodBye, à cause de son tempo élevé marque le passage du disco vers la house.
La House est une musique plus mélancolique plus dure, qui fonctionne sur des sons électro-industriels.
Les basses lourdes combinées avec des paroles soul ou gospel, sont dans les années 80 les caractères spécifiques du son garage.
La deep-house se caractérise par son groove hypnotique, répétitif, au feeling très sexuel.
L’Acid House, l’Electro et le Breackbeat doivent leur existence à un générateur de ligne de basses, la Roland TB 303, qui permet un travail d’équalisation sur le son avec ses six filtres de résonances. Cette musique n’est pas à la recherche de sons justes ou de bonnes mélodies, mais de bruits et d’ambiances atonales, ainsi que de son saturés.
La Jungle et la Drum’n Bass(écoute de Ed Rush and Optical) sont dérivés du Dub(écoute d’extraits de Lee Scratch Perry), du Reggae et du Ragga tout en proposant un tempo de deux à la trois fois plus rapide.
La Hard Tech, et le Hardcore des free party sont encore des dérivés plus speedés, saturés et déstructurés.


Au fil de ce dossier, et lors de la présentation de notre projet, vous proposons de découvrir et de faire découvrir les artistes et les différends styles de musiques électroniques qui vous sont proposés.



AUX ETATS UNIS : LES MUSIQUES ÉLECTRONIQUES

Le premier média produit par la culture DJ est un nouveau format de disque : le maxi 45-tours. Giorgio Moroder produit avec ce nouveau support, le tube de Donna Summer Ifeel love (écoute d’extraits).
L’idée directrice des remixeurs et utilisateurs de maxis est de créer le meilleur rapport tension-détente possible, sur des durées allant jusqu’à 19 minutes. Le maxi représente également une amélioration de la qualité sonore par rapport au 45 tours aux sillons plus rapprochés. Les basses ont un son plus rond, les charleston sont plus précis et les voix plus claires.

Dans les années 60, le maxi 12 pouces est le premier média de la culture DJ, conçu par Tom Moulton et José Rodriguez, que les DJ peuvent désormais produire eux-mêmes. Une plus grande largeur des sillons augmente toute la dynamique des batteries et des boîtes à rythmes ainsi que la rondeur des basses. Grand Wizard Théodore invente le scratch, mouvement d’aller-retour sur le disque.

Grandmaster Flash, DJ et électricien innove avec la boîte à rythmes et la table de mixage. Il utilise sur sa console un commutateur, quand ce dernier est poussé à gauche on écoute la platine de gauche, et à droite la platine de droite. Il perfectionne le mixage, et les transitions entre les disques ne sont plus perceptibles par les danseurs.
Le plus grand tube qu’il crée s’appelle The Message. Alors que son travail sur les disques renvoie exclusivement à l’histoire de la musique, la boîte à rythme ajoute pour la première fois une sonorité personnelle, actuelle et contemporaine au collage de morceaux anciens. C’est le grand sorcier de la technique (écouter également Green Velvet-Coitus, et Little Louie Vega et Kenny Dope Gonzalès).

Le DJ Africa Bambaataa fait un pont entre le hip-hop et les musiques électroniques, marqué par les gangs de rue de sa jeunesse invente une forme communautaire qui devient vite internationale et qui revendique des racines identitaires très fortes : La Zulu Nation. Il possède la connaissance des vinyles et de leurs mariages inédits. Le Hit qui le dévoile au grand public est Planet Rock(écoute d’extraits). Drop The Bomb du groupe Trouble funk et Rock it (écoute d’extraits) de Herbie Hancock créent des liens entre le hip-hop d’une part, et la musique funk et le jazz d’autre part. Georges Clinton avec son collectif FUNKADELIC, fait aussi un lien génial entre le funk, le rock et la culture psychédélique.

Quelques grands hits du musicien James Brown préfigurent et influencent la musique disco : Out of Sight, Papa’s Got A Brand New Bag. D’autres morceaux approchant les neuf minutes comme Hot Pants et Sex Machine, font figure d’ancêtres des remixes dance. De plus, l’habitude qu’a James Brown d’enregistrer ses chansons en deux parties a ouvert la voie aux remixes. Entre 1975 et 1985, le disco et le hip-hop ont créé le berceau des sœurs techno et house.

En 1985 à Détroit, Juan Atkins, et Richard Davis sont les premiers artistes qui avec Cybotron produisent de la techno. Juan Atkins avec les DJ Derrick May et Kevin Saunderson (écoute d’extraits de Big Fun sur le label KMS) forment une trinité qui devient le collectif Underground Résistance. A leurs débuts, ces artistes travaillent sans moyens et dans l’indifférence du public des années 80.
Detroit, ancienne ville de l’automobile, est grise et monotone, c’est l’archétype de la grande ville américaine touchée par la récession économique, la ghettoïsation et les émeutes raciales. Les productions du collectif deviennent rapidement des standards de la musique techno(écoute de Cybotron, R9), mélange de boucles lancinantes, violentes, dures et mélancoliques à la fois, une house à la fois sèche et nostalgique, minimale, aux vocaux invisibles ou réduits à d’obscurs soupirs.

Derrick May : « Il y a les originaux, et ensuite ou après les originellement influencés par les originaux : Les originaux sont KRAFTWERK et Yellow Magic Orchestra, et les originellement influencés seraient moi-même, Juan, Kevin et de nombreux autres autour du monde, qui, ayant fait la même chose que nous n’eurent pas la reconnaissance qu’ils méritaient ».

A la fin des années 80, et jusqu’en 1990, on assiste à une explosion de labels, de producteurs et d’artistes : Carl Craig, Stacey Pullen, et Jeff Mills, Mad Mike, et Robert Hood, pour U R. (écoute d’extraits des UR 1, UR 2, et UR 3)
Electrifying Mojo, DJ et animateur radio de Détroit, est le gourou musical de la techno de cette ville. Juan Atkins définit la techno en paraphrasant Star trek : Allons sans peur où l’homme n’a jamais été.
D’autres artistes sont fortement inspirés par Détroit, comme Ritchie Hawtin, Plastic Man avec le label +8,( Mute Record) et Laurent Garnier(F COM).

Le dernier grand tube du disco est Good Times du groupe Chic. Quelques morceaux-phares de la disco : TSOP de MFSB, Disco Inferno des Trammps, Soul Makossa de Manu Dibango, Hustle de Van Mac Coy, Get Down on It, et That’s the way de K.C. & The Sunshine Band, Fly Robin Fly, de Fairport Convention, We are family et Dance de Sister Sledge et Chic, Y.M.C.A de Village People, You Make Me Feel de Sylvester, I Like It de Players association, Ten Percent de Double Explosure, Fashion Pack d’Amanda Lear, Never Say GoodBye de Gloria Gaynor, Music is the Answer de Colonel Abrams, Heartbeat de Taana Gardner.

Love To Love You Baby, Try Me, et I feel Love de Donna Summer, produit par Giorgio Moroder et Pete Bellote, sont les premiers succès internationaux du disco. La boîte à rythmes la plus célèbre est la Roland TR 808, qui produit des sons analogiques. C’est précisément le type de sons que recherche Moroder et Arthur Baker : des lignes de basses dures, épaisses, associés à l’élégance rayonnante d’une artificialité absolue.

La house puise dans trois sources : le funk, la dance importée d’Europe et la technologie. Comme le hip-hop et le disco la musique house est une musique de DJ. La naissance de la house se fait dans les grandes villes de la côte est Américaine, Chicago, Detroit et New-York (Kenny Larkin, Track, Accelarate, Dan Bell Loosing control)).
La scène house noire se situe dans la tradition de la culture disco, la house blanche, de l’acid à la techno, conjugue l’élan du punk avec l’attitude affirmative de la disco et de la pop. Les DJ et producteurs phares sont Franckie Knuckles, Marshall Jefferson, Tony Humphries, les producteurs de house sont moins des auteurs que des ingénieurs et des architectes (Kenny Dixon Junior, Demarkus Lewis The trouble lover, Gigaloo Rude Boy).

En 1984, Jesse Saunders est un DJ qui fait le passage entre le disco et la house inspirée de Détroit, mais qui explose à Chicago. On And On, son titre signature, est le premier maxi de l’histoire de la house. Franckie Knuckles, Ron Hardy et Larry Heard sont les DJ cardinaux de cette période. Love Can’t Turn Around de Farley Jack Master Funk, Move Your Body de Marshall Jefferson, et Jack Your Body de Jim Silk, sont des hits de cette période. Bill Laswell en mixant Rock It de Herbie Hancock en 1979, et surtout en remixant Miles Davis avec Panthalassa(écoute d’extraits) en 1998 s’impose comme un créateur phare.

Dans les années 90, les productions majeures sont celles de Run DMC, Jungle Brothers, De la Soul, A Tribe Called Quest, Tone Loc, D.J Premier, KRS One et Wu Tang Clan. Le duo Disposable Heroes of Hipocrisy collabore sur un disque avec William Burroughs dont le système d’écriture en cut-ups prend alors un air funky.

Sous l’influence du Reggae, le dub devient une source majeure des musiques électroniques, une appellation de remix qui demeure un genre techno à part entière.

« A une époque, il n’y avait pas d’émail et pas de fax, mais une chose n’a pas changé, il y a des gens qui essaient de faire avancer les choses et d’autres gens qui essaient d’en tirer parti ». Peter Rehberg



mardi 03 octobre 2006 20:16 , dans CONFERENCE & CONCERTS


TEXTE CONFERENCE PARTIE 2

Blog de totalrtt :Total RTT, TEXTE CONFERENCE PARTIE 2
EN FRANCE : LES MUSIQUES ÉLECTRONIQUES


Le mot disco vient du Français, car les premières discothèques naissent en France, et c’est à New York à partir de 1960, qu’apparaissent les premiers clubs de la Jet-set. Dès le début, la musique disco a un objectif : faire danser les gens, de préférence dans les clubs. Le principal message du disco est : Libérez-vous, dansez, prenez du bon temps, laissez-vous aller !
L’idéal auquel aspire le disco est une sorte de monotonie lascive et tendue, toujours nouvelle, toujours identique. Chaque seconde est semblable à la précédente, et pourtant complètement nouvelle. Pour construire la musique disco, le disque commence avec très peu d’instruments rythmiques, puis la pression augmente par l’introduction d’instruments supplémentaires, et la mélodie est souvent jouée par les cordes sur un motif accrocheur.
Soul Makossa de Manu Dibango et Born to be Alive, de Patrick, Hernandez sont deux exemple de hit.

Le duo français Daft Punk réconcilie le funk, le disco, la house la techno et l’indus, avec l’important album Homework. Laurent Garnier est un des meilleurs initiateurs et DJ français de musique électronique, son aura s’étend au monde entier.
Le musicien français Saint-Germain, avec son jazz funky et sirupeux, sorte de techno-house, a vendu plus d’un million cinq cent mille copies de son album Tourist, sorti chez Blue Note en mars 2000. Alex Gopher, et Frédéric Galliano, autres producteurs et musiciens français, sont aussi dans une veine funky, la french-touch.

En Belgique, une tendance électro-indus très noire naît avec le groupe Front 242, la musique est noire à base de samples de films, et des enregistrements du quotidien de l’information postindustrielle. En Belgique, le label Crammed et le groupe Minimal Compact représentent une veine Cold-Wave.

Les Français MotorBass, Youngsters et Miss Kittin sont aussi des artistes importants de la scène actuelle des D.J et des dance-floor. Dans un style plus minimaliste et pianistique, Benoît Delbecq joue sur la simplicité et la matière acoustique, et travaille avec l’assistance et les obstacles électroniques de Steve Argüelles.

Le groupe cosmic connection et son batteur KAPT’N PLANET créent une veine presque parfaite entre le jazz et la Drum’n Bass et le free style. Aujourd’hui, Dynarec représente une des tendances de techno dure des années 2000.


EN ALLEMAGNE : LES MUSIQUES ÉLECTRONIQUES


Jusqu’en 1977 l’hégémonie culturelle américaine est très importante. En Europe, l’Allemagne ne connaît un développement autonome qu’avec des groupes comme KRAFTWERK, Can, Neu!, et Tangerine Dream importants également pour les textures sonores qu’ils utilisent.
Ces groupes n’ont pas de culture rock à porter, leur identité doit autant à Stockhausen, Grateful Dead et au Velvet Underground avec son amateurisme savant. Can cultive l’improvisation et les influences ethniques en pratiquant également un art répétitif et minimaliste pour la composition.

A lui seul le groupe KRAFTWERK(voir les vidéos de music don’t stop, et pocket calculator, écoute d’extraits de Trans Europ Express) constitue jusqu’à nos jours un vrai pôle de modernité. Le groupe crée l’imaginaire de la techno, il est incontestablement le groupe pionnier des musiques électroniques, il allie la froideur calculée de musiciens blancs qui aiment les beats dance noirs sans vouloir pour autant les imiter. Ils sont adulés par la majorité des musiciens DJ, et producteurs de musique de dance noirs. D’une autre manière que les Clasch en leur temps, ils font plus pour la coexistence des peuples que la plupart des hommes politiques de tout bord. Ils produisent de l’industrial-funk et un son funky et avant-gardiste.

Les deux têtes pensantes de Kraftwerk, Ralf Hütter et Florian Schneider, sont d’abord étudiants d’une grande école de musique, avec son incontournable apprentissage du solfège, avant de se perdre progressivement, au cours de leur confrontation avec les synthétiseurs et les ordinateurs, dans les circuits de connexion qui les transforment en hommes-machines.
« Nous nous sommes toujours définis comme des hommes machines(écoute d’extraits de Man machine). Dans la société, l’utilisation des machines apparaît souvent comme la lutte d’hommes avec leurs propres inventions : dans notre travail nous nous situons en contrepoint de cette désastreuse évaluation. La technique n’a rien d’étranger, elle fait partie de notre monde. » Le groupe entretient ainsi avec ses machines une relation amicale.

Ralf Hütter : « Le dynamisme des machines, l’âme des machines, ont toujours été partie prenante de notre musique. La transe est toujours due à la répétition et tout le monde recherche la transe dans sa vie, qu’elle soit par le sexe, l’émotion, le plaisir, dans les soirées, etc. ; Par conséquent, les machines produisent une transe absolument parfaite ». Avec les albums Autobahn et Radio-Aktivität, le groupe travaille l’art de l’épure, de la note juste et du rythme minimal, dans une ambiance où se mêle rythmes funky, musique concrète et pop musique.

Les quatre avant-gardistes allemands travaillent exclusivement avec des instruments électroniques qu’ils fabriquent eux-mêmes. Dans l’idée de Malévitch, reprise par Kraftwerk, la machine ne produit de nouvelles formes qu’en étant multipliée par l’énergie créatrice de l’artiste futuriste.

On assiste dans la musique de Kraftwerk à la première tentative pour produire électroniquement la finesse rythmique de la musique noire à l’aide d’une technologie informatique perfectionnée. Les quatorze minutes de Trans Europ Express sont un tube mondial absolu Dans les premiers concerts du groupe, à New York le public est presque majoritairement noir.
« On aurait dit qu’ils utilisaient des calculatrices et qu’ils y ajoutaient quelque chose… Ils pressaient les boutons comme on joue d’un instrument, c’était funky », dit le DJ Africa Bambaata.
N’importe qui s’intéressant à la musique house en tant que DJ, producteur musicien ou historien, élabore sa propre histoire dont il détermine les racines selon son interprétation et sa définition du genre. A lui tout seul, le groupe Kraftwerk est aussi une des sources de cette musique.

Pour Stockhausen et pour beaucoup de DJ, l’expérimentation n’est pas quelque chose de provisoire, mais une condition permanente. Thomas Brinckman(écoute d’extraits du Label Profan) impose de son côté une musique minimale, très répétitive et lancinante, avec laquelle il pose les bases de nombreux remixes à travers le monde. La techno se minimalise aussi via Maurice Von Oswald dixit Maurizio(écoute de M 5),(Chain réaction n°21, Fluxion, Basic Channel, Burial Mix Rythm’n sound). Plus récemment Schneider T.M, et sa vraie pop électro réintroduit la notion du groupe de musiciens électro réunis sur scène.

En Allemagne, la réunification se fait aussi grace aux clubs, notamment au club Trésor, qui est aussi le premier label a faire traverser l’atlantique aux artistes de Détroit. Les artistes de Chicago seront représentés en Europe sur le label Hollandais Djax Up-Beat. Uwe Schmidt avec ces nombreux projets et notamment Sénor Coconut y Su Conjunto (écouter Autobahn), et ses reprises de Kraftwerk, cultive musique latine et électronique.


EN ANGLETERRE : LES MUSIQUES ÉLECTRONIQUES


Dans le club l’Hacienda de Manchester où Laurent Garnier mixe, commence et se fabrique durant les étés 88 et 89 le Summer of Love.
César De Melero, DJ à Ibiza de 86 à 88, transmet le virus house à l’Angleterre. Art Of Noise fabrique deux tubes Anglo-Saxons incontournables, Beat Box et Moments Of Love. Pump Up The Volume de M/A/R/R/S, en 1987, est numéro 1 dans les charts britanniques. En 1983, Man Parrish sort Hip Hop Bee Bop. De cette période date la fâcheuse habitude qu’on les DJ Anglais de reproduire ce que font d’autres DJ sur la planète, malheureusement ils ne produisent jusqu’à nos jours que de palles copies des DJ Américains, et contribuent hélas à un appauvrissement, et à une standardisation de la musique électronique.

Cependant à travers quelques labels avant-gardistes comme Warp, de grands artistes novateurs comme Aphex Twin, LFO, Square Puscher, Mathew Herbert, Christian Vogel, Autechre(voir la vidéo) et le Brésilien Amon Tobin influencent toujours la techno outre-manche et ailleurs. Warp est l’un des premiers labels technos, fondé à Sheffield, des projets marginaux comme Nightmare on Wax, ou Tricky Disco, se vendent très bien. Ces DJ et musiciens refusent totalement la promotion faite par les télés, radios et médias des majors compagnies. Cet état d’esprit est commun à la majorité des labels indépendants de musique électronique.

Richard D. James, connu aussi sous les noms et pseudos de Caustic Window, et Aphex Twin, est l’un des plus importants et des plus intelligents artistes électro. Il commence par rechercher dans des casses et sur des chantiers de nouveaux corps sonores, et à partir de ces matériaux de récupération électroniques, il se fabrique son propre équipement notamment son propre sampleur. Sa production est importante et diverse et il influence bon nombre d’artistes du label Warp et d’autres labels(Aphex Twin Selected ambient works, Richard D James, Come to Daddy(écoute d’extraits de Bucephaloos Bouncing Ball).

À partir de 1978, le Master of Ceremony et le texte deviennent plus importants que le DJ. Les MC balancent des rimes sur la musique, en s’émancipant, leur style donne naissance au toasting, ancêtre du rap dont Linton Kwesi Johnson et U Roy sont les tchatcheurs et poètes les plus représentatifs.

Le Dance-Floor comprend tous les types de lieux différends dans lesquels il est possible de danser et toute la culture DJ qui s’y rattache. À Londres au milieu des années 80 Deux DJ noirs, Jazzie B. et Daddy Harvey fondent Soul to Soul, sound-system mêlant soul, hip-hop funk et house. Ils produisent deux énormes tubes, Keep on moving et Back to Life. Leur musique combine des beats hip-hop très durs et des voix soul avec la lenteur lascive de rythmes du reggae et la force de rayonnement érotique de la house.
Dans le milieu des dance-floor, des warehouse et des free parties clandestines, les DJ les plus célèbres sont Andy Weatherhall, Paul Oakenfold et Terry Jack Farley(Chaser Funko’void, Slam, Positive éducation soma, Magnese prod).

Le label Londonien Mo’Wax dirigé James Lavelle incarne aussi l’univers des dance-floor des années 90 à 98. Un esprit de défiance vis-à-vis des multinationales et une esthétique de l’épure abstraite président à la création et pérennisation de deux labels importants : Mute de Daniel Miller et Factory de Tony Wilson, qui avec New Order et le hit Blue Monday ouvre la voie à la house en Angleterre.




Un collectif de producteurs, Wild Bunch fonde Massive Attack. Leur album Blue Lines est construit et fabriqué à la manière d’un DJ. La musique est dépouillée jusqu’à un squelette de rythmes et de basses, qu’ils redéfinissent selon leurs propres règles en arcs de tensions longs, funky et calmes.
Les tapis sonores et les nappes de cordes atteignent une dimension symphonique comme pour le projet de Beth Gibbons Portishead. Tricky, toujours décalé et déjanté, est une star du trip-hop avec l’album Maxinquaye, sa musique est sombre et mélancolique, sa voix rauque, il est influencé par la musique punk le blues et le trash-métal. Sa musique témoigne d’une et d’un désespoir, les mélodies n’émergent qu’en ruine de paysages sonores polytonaux et la voix sonne comme une ombre. Sur scène, les platines disparaissent en tant qu’instrument tout restant inhérentes à la musique, comme sa base idéelle.

À la radio Anglaise, on entend le génial John Peel. Cependant les DJ underground de la bande FM diffusent des morceaux dont la longueur et le caractère expérimental ne conviennent pas aux radios grand public. Dans la lignée de Throbbing Gristle un courant très actif de musiques électro indus naît et perdure avec Autechre.

Boards of Canada, propose des mixes ambient détunés, et représente dans les années 90 le groupe phare de L’Electronica. À partir de la Jungle des années 90, le son drum’n bass a frayé de nouveaux chemins pour la musique DJ, c’est un système ouvert dont les DJ Goldie et Ed Rush and Optical du label Trouble on Vinyl sont d’excellents représentants du style.


1 LES ANNEES 2000 : ANNÉES DE RESISTANCES



Mis à part le nationalisme noir du hip-hop, la culture DJ reste largement indépendante en termes d’appartenance aux partis politiques, et représente une nouvelle forme de résistance.

Théorie de l’obscurité : Dés qu’un artiste se fait connaître et qu’il commence à acquérir une audience, cette audience fait pression sur lui de façon plus ou moins directe, et il devient impossible pour l’artiste de ne pas céder un tant soit peu à cette pression.
Théorie du marché : Admettre l’inexistence de toute frontière absolue entre musique sérieuse et musique de divertissement, musique instituée et musique sauvage, ce mur ayant littéralement explosé avec le free-jazz, la libération psychédélique et l’entrée en dissidence pop des rejetons de l’art et des musiques contemporaines.

Dans la perplexité générale des années 70, le disco est né avec une nouvelle stratégie de résistance, une minorité (homosexuels et-ou noirs) tente par une démarche séparatiste de construire un nouveau bien à elle, sans avoir à se déterminer en réaction à un monde extérieur réel animé de mauvaises intentions. Puis la disco devient un véritable espace de liberté, à une époque où Nixon est président, où la guerre se poursuit au Viêt-Nam et où la société américaine, après l’ébranlement de la révolte étudiante et du mouvement des Black Panthers, aspire à une tranquillité conservatrice.

À ses débuts dans les années 80, la culture house est une contre-culture. Tandis que le hip-hop représente un affrontement avec le système, le disco et la house essaient de conquérir et d’organiser des niches de liberté, en les accordant aux besoins des minorités qui les portent. Dans les années 90 les groupes qu’on appelle indie, dans l’esprit du punk, se refusent aux conditions de production et de commercialisation imposées par les grandes maisons de disque, qui sont à l’affût de l’underground des dancefloors, devenu l’un des secteurs les plus importants et les plus lucratifs de la scène indépendante.

Pour Underground Résistance, la philosophie se résume à cet adage : C’est en explorant ensemble de nouveaux territoires que nous trouverons ce que nous cherchons, par ces points d’évolution, nous aurons plus de respect les uns pour les autres que pour le fric.

Comme pour le mouvement punk, la subculture de la dance s’accompagne d’une avalanche de produits dérivés, et comme au temps du punk, le style dancefloor a fini par se vendre en formalismes marchands dépourvus de tout contenu. À cause du hit-parade et du Top 50, les DJ des radios se retrouvent livrés pieds et poings liés aux goûts du plus grand nombre. Adorno, Horkheimer, Deleuze, Ulf Poschardt, pensent que la culture est devenue un pur commerce et une gigantesque tromperie à destination des masses.

L’art a perdu sa pertinence, la culture pop et la mode ont pris sa place. Marcel Duchamp transforme des pièces de vélo ou des urinoirs en ready-mades, Andy Warhol reproduit en série l’image d’une soupe en conserve et de boîtes de lessive, et Malcolm MacLaren pille et s’approprie différents styles musicaux pour les introduire dans la musique pop. En praticiens, les artistes de la culture DJ constituent au sein de la musique pop une avant-garde artistique qui recode et détourne la technologie moderne.

Depuis un siècle, l’histoire de la musique électronique n’est faite que de collages, d’erreurs et de détournements. L’art le plus exigeant tend à dépasser la forme comme totalité et aboutit au fragmentaire. Adorno repère ce morcellement dans tous les arts modernes qu’il juge important. La musique techno, tout l’industriel, la house et l’acid, viennent de villes ou de régions qui disposent d’une tradition de musiques électroniques, les jeunes abordent le clavier et le sampleur, comme la gameboy et internet, de façon ludique.
L’intention des musiciens et artistes DJ qui refusent la collaboration avec les Majors est de s’exprimer de s’amuser et de pouvoir travailler et produire de la façon la moins aliénée possible.

Pour Alvin Toffler : Il faut prendre la technologie comme un moyen de se libérer des hiérarchies et des systèmes centralisés, de créer sans s’inféoder aux institutions, aux multinationales du disque ou de l’informatique, aux pouvoirs. Une certaine attitude non conformiste des DJ vis-à-vis des distributeurs et diffuseurs de musique, liée à une position culturelle de marchandising anti-major des producteurs et des labels indépendants, renforce la résistance de la culture DJ.

mercredi 11 octobre 2006 21:13 , dans CONFERENCE & CONCERTS



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