CUT-UP ?

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Blog de totalrtt :Total RTT, CUT-UP ?
Expérimenter ou de l’art d’intentionnaliser sa recherche et son faire.


MUSIQUE ELECTRONIQUE

Le contemporain circule dans une chambre d’échos. Il n’est pas raisonnement
mais résonances d’un Jeu avec et dans le présent du son (concret), en relief
avec la construction de l’espace sonore comme des effets de réverbération et
de Delay, peuvent le structurer.

L’imbrication des sons acoustiques et naturels des saxophones, avec les sons
puisés des synthétiseurs analogiques et des effets, représente un des
vecteurs de la singularité d’un mode opératoire corrélé à la diffusion et au
Mix de disques de musiques électroniques.


DELEUZE, KOFF, DEBORD, SAMPLING ET TEXTE

« Utilisez n’importe quel texte, accélérez ralentissez faites marche arrière
graduez-le et vous entendrez les mots qui n’existaient pas encore dans le
texte original, des mots nouveaux fabriqués par la machine.
William Burroughs


EXPERIMENTATION ET STYLE

Dans cette démarche, l’expérimental est une façon de jouer, de l’éternelle
recherche d’une étrangeté de et dans la musique, de mettre en cause des
formes tr aditionnelles, d’un déplacé dans la technique pour essayer de
nouveaux outils.

Expérimenter ou de l’art d’intentionnaliser sa recherche et son faire.
L’expérimental s’entend toujours comme une expérience individuelle.

Les modernes sont peut-être ceux qui vivent toute musique comme étrangère et
doivent donc trouver une autre langue, une langue dont la nouveauté perturbe
le goût dominant et déplace les enjeux de l’effort stylistique.


« Toute musique est expérimentale, sinon ça ne vaut pas la peine d’en faire
».
Luciano Berio.


TOTAL RTT

Il ne s’agit pas ici d’écrire dans un premier temps puis de penser une
articulation de thèmes entre eux mais bien d’improviser en temps réel, et
d’écrire dans la conscience et le désir de disposer, d’articuler, de jouer
avec l’espace et la durée, et de produire effets et réseaux de sens en
machinant entre eux des éléments.
Jean Michel Espitallier

Une écriture moderne sans auteur qui ne tiendrait compte que du « facteur
constructif », faire du cut-up, c’est importer des objets prélevés ailleurs,
les décontextualiser pour les mettre en situation d’exils afin qu’ils
produisent d’autres effets de sens par frottements inappropriés, contiguïtés
aberrantes, voisinages problématiques, combinaisons.
Jean Michel Espitallier

Une écriture moderne sans auteur qui ne tiendrait compte que du « facteur
constructif », faire du cut-up, c’est imposer des objets prélevés ailleurs,
les décontextualiser pour les mettre en situation d’exils afin qu’ils
produisent d’autres effets de sens par frottements inappropriés, contiguïtés
aberrantes, voisinages problématiques, combinaisons ».
Jean Michel Espitallier

Au sens ou l’entend Guy Debord, le cut-up redis pose autrement la langue
pour que la langue se dispose à montrer comment elle indispose, ré indispose
le réel qu’elle casse et reconstitue en le déplaçant, dé tramage/retramage
du discours, dé hiérarchisation des proses du monde.
La technique de cut-up « suppose la reconnaissance empirique de la réalité
comme leurre, le refus de s’y laisser aliéner, la théorisation de cette
reconnaissance et de ce refus, la décision éthique de fonder une esthétique
sur cette base théorique. »
Christian Prigent

« Concept, inter média,( …) qui fait de la transgression des limites entre
les diverses formes culturelles (…) une chose essentielle, unique rapport
possible entre les diverses activités artistiques qui se fondent les unes
sur les autres. »
Dick Higgins






« Enfin, faire du cut-up, c’est aussi manier une arme contre les faux
semblants de la posture du musicien inspiré, lequel devient metteur en page,
opérateur, exécutant d’une partition et même, en quelque sorte rédacteur en
chef chargé d’organiser subjectivement les dépêches qu’il a lui-même
prélevées dans le ruban interrompu des samples.
Jean Michel Espitallier

Technique qui n’a pas épuisé toutes ses potentialités « en quête de
ravissements inédits ’ Xavier Person (…), formidable machine de guerre
(moyen de destruction hautement efficace des instruments de contrôle que
sont la parole et l’image, le cut-back, donc a pourtant tendance parfois à
se faire rouleur de mécaniques post-moderne,( …), conformiste à se croire
naïvement visa de toutes les modernités.

L’auteur interprète de vient un importateur de brut et son écriture consiste
à choisir, et donc à recontextualiser pour créer une nouvelle situation

Cut-up, collage, sampling, remix, mix, live, réécriture sont un peu dans le
même bateau. Il s’agit chaque fois d’un travail de déplacement, de décalage,
de greffe, de délocalisation.

Le jeu, le style, consiste par exemple, a faire glisser légèrement l’un sur
l’autre le modèle et son double, le son du disque et le son du saxophone
traité, à masquer en laissant dépasser un bout de l’original, a ouvrir
sciemment de fausses pistes.


TRAVAIL DE CREATION ET CULTURE

Le pari et le goût d’une grande diversité des gestes artistiques, et d’une
non moins grande multiplicité des formes et des pratiques.

Contiguïté et transversalité de pratiques musicales et de travail sans
révérence ni culpabilité,
« unique rapport possible entre les diverses activités artistiques qui se
fondent les unes sur les autres. »
Adriano Spatola.

Une démangeaison qui provoque une invention qui provoque une démangeaison…

Avec nos contemporains, nous partageons le même temps, la même époque, mais
nous vivons la situation contemporaine à des degrés et selon des modes
opératoires variables et variés.

« À temps nouveaux, nouvelles méthodes et nouveaux outils »
André Breton

« Travailler sur la surface, c’est aussi signifier tout refus de la
profondeur, récuser cette vielle idée d’une verticalité du texte dont le
sens, la vérité ultime reposeraient, en attente, sous le texte, enracinés
dans une sorte d’humus dont les clefs d’accès seraient inscrites sur la
marqueterie textuelle visible, un peu comme un code barres. »
Jean Michel Espitallier


POLITIQUE

Cette passion qui vient mettre sous tension contradictoire, d’un côté la
leçon pacifiée des conservatoires, et de l’autre le bruyant tumulte du
présent.

« Créer n’est pas communiquer mais résister ». Gilles Deleuze


LA FORME, l’ENONCE PERFORMATIF BACH ?

L’énoncé performatif, qu’il appartiendra éventuellement à l’auditeur de
contester, confère à l’œuvre des aspects conventionnels et paradoxaux, qui
vont faciliter, contrarier, et stimuler l’écoute.

« Car, souviens t’en toujours au royaume de l’art
C’est la forme qui compte,
(…)
Si tu veux apprécier la gamme du poète,
Écoute le « comment », non l’objet de son chant. »
Henrik Ibsen

C’est la forme qui fonde le poème, la musicalité, la forme que l’on hybride,
métisse, coupe, lieu du trouble, de l’effraction, la forme dont la mise en
cause, le détracage, la de structuration produisent l’étrangeté ou sont des
remises en cause radicales du réel. C’est la forme qui se voit, s’écoute.



BACH

Céder au goût de Jean Sébastien Bach, pour les appoggiatures, qui donnent le
ton, parfois avec malice.

Comme un mobile de Calder : des formes, des couleurs, du mouvement.

Cette transcription pour saxophone baryton, réalisée dans la tonalité
d’origine, est une tentative de version saxophonistique de Musique de Jazz
Baroque.



Tentative de relecture d’une œuvre classique, tendant à ne pas se couper du
public.

Nature contre culture rejouerait en langage codé le conflit entre flux
lyrique d’un coté, constructions rhétoriques de l’autre, nouvel épisode de
la guéguerre que se font depuis des lustres la tête et le cœur.

Le projet esthétique est entre l’intention (le genre), la réalisation (le
texte), et les sentiments d’émotion.
Jeu malicieux et aveu de l’interprète qui va reconfigurer le genre Jazz en
s’y invitant.

« Qu’est ce que sont les Suites sinon le battement d’une mesure, un travail
de cadence, du souffle sculpté dans de la forme, des séries d’unités
rythmiques à récurrences variables, construites sur des intervalles
précisément marqués, qui donnent une voix au sens, du sens au son, du son
aux notes, et des notes au rythme. »
Jean Michel Espitallier

jeudi 12 octobre 2006 12:42 , dans CUT-UP ?


Asger Jorn " Pour la forme "

" Il est facile et sans doute divertissant de créer de nouvelles conceptions opposées aux précédentes, mais la culture en est le contraire : elle est l'élaboration et la tansformation continue des phénomènes déjà existant "

samedi 13 janvier 2007 14:36 , dans CUT-UP ?


Debord

Clausewitz, au début de son histoire de la campagne de 1815, donne ce résumé de sa méthode : « Dans toute critique stratégique, l’essentiel est de se mettre exactement au point de vue des acteurs ; il est vrai que c’est souvent très difficile. » Le difficile est de connaître « toutes les circonstances où se trouvaient les acteurs » dans un moment déterminé, afin d’être par là en état de juger sainement la série de leurs choix dans la conduite de leur guerre : comment ils ont fait ce qu’ils ont fait, et ce qu’ils auraient éventuellement pu faire d’autre. Il faut donc savoir ce qu’ils voulaient avant tout et , bien sûr, ce qu’ils croyaient ; sans oublier ce qu’ils ignoraient. Et ce qu’ils ignoraient alors, ce n’était pas seulement le résultat encore à venir de leur propres opérations se heurtant aux opérations qu’on leur opposerait, mais aussi beaucoup de ce qui déjà faisait effectivement sentir son poids contre eux, dans les dispositions ou les forces du camp adverse, et pourtant leur demeurait caché ; et au fond ils ne savaient pas la valeur exacte qu’il fallait accorder à leur propres forces, jusqu’à ce que celles-ci aient pu la faire connaître , justement, dans le moment de leur emploi, dont l’issue d’ailleurs quelquefois la change tout autant qu’elle l’éprouve.


Guy Debord  « Panégyrique – tome premier »

jeudi 22 février 2007 14:51 , dans CUT-UP ?


Dubuffet

JEAN DUBUFFET DANS BÂTONS ROMPUS….

          Q : Revenons au sujet des assemblages.

R : J'en ai beaucoup usé dans le cours de mes travaux.Je crois bien que le principer de juxtaposer des fragments disparates est fécond pour la création. Pas seulement pour elle ; aussi dans le domaine de la pensée. Il introduit la polyphonie dans celle-ci. Ce dont la pensée souffre, ce qui lui brise les ailes, c'est l'univoque. Cette aimantation l'ankylose. La polyphonie l'en libère. C'est de pluralité simultanée qu'a besoin la pensée pour voler à l'aise. Pluralités d'optiques, pluralités de visées, sans souci qu'elles s'opposent. C'est peut être de cacaphonie qu'il faudrait parler, plutôt que de polyphonie. La pensée s'exerce sur plusieurs rails qui se chevauchent et se contrecarrent, et non pas sur un rail unique comme s'obstine à la confiner la culture tr.aditionnelle. Il faut lui restituer sa multiplicité.

dimanche 25 mars 2007 22:03 , dans CUT-UP ?



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